Coup de gueule !

Après avoir été votée, en Janvier 2010, la loi de l'interdit de l'inceste a été abrogée le 16 septembre 2011 par le conseil constitutionnel. Cependant, il ne faut pas oublier que si l’inceste est un tabou, son interdit est une loi d’organisation sociale à travers laquelle l’enfant, puis l’adulte et le parent qu’il deviendra, structure son identité psychique, affective et relationnelle. Ainsi, l'interdit de l'inceste se trouve au cœur de notre système éducatif et nous en avons donc tous l'expérience, à notre insu, à travers nos valeurs et nos principes éducatifs. Tout comme l’interdit du meurtre, cet interdit fondateur de notre identité humaine, permet l’émergence du « sujet » et le tissage du lien social. Mais surtout, il élabore le terreau de la culture que nous transmettons aux générations à venir.

Dans un monde où les limites spatio-temporelles explosent et maintient ainsi les individus dans une réalité virtuelle où tout est possible, dans une culture qui alimente "le désir tout puissant", la dictature des pulsions, la jouissance et les plaisirs immédiats au détriment de nos besoins les plus vitaux, dans une société en pleine crise identitaire où règnent la confusion, la victimisation et le sentiment d'impuissance ... chacun est en droit de s'interroger sur les valeurs, les repères que nous transmet notre nouvelle ère "du savoir et de la consommation".

 

L''interdit de l'inceste consiste à renoncer à la toute-puissance vis à vis de ses enfants, mais aussi vis-à-vis des autres et du milieu dans lequel nous vivons. Ce à quoi ne nous invite guère « le monde sans limite » au sein duquel nous évoluons. De la toute puissance à la toute impuissance, la frontière est fine pour celui qui transgresse les règles du "JE" et les conditions de l'élaboration du "sujet".

Reposer au cœur de la loi, la limite qui fait de nous des humains, dans tout ce que nous sommes, mais seulement ce que nous sommes, c'est à dire des êtres avec des valeurs et des ressources, mais aussi avec des limites, ne peut être qu'une évolution qui vient initier le cadre fondamental dans lequel pourront s'élaborer toutes les actions de prévention et l'accomplissement des mutations sociales vers plus de conscience, de discernement et de responsabilité.

 

Une culture qui fonctionne à l'envers !

La prévention faite auprès des enfants place l’enfant en position d’adulte en lui proposant de « savoir dire non ». On sait aujourd'hui (statistiques à l'appui) qu'un enfant (prévenu ou non) ne peut pas dire non. Sa qualité même d’enfant, sa vulnérabilité, son immaturité psychique et physiologique, bref tout ce qui fait qu’il est un enfant, fait qu’il ne peut pas dire non. Le système d’emprise affective et psychologique, dans lequel il se trouve, lui rend impossible cette tâche. Et quand bien même il dirait oui, c’est à l’adulte que revient la responsabilité d’assurer le non-passage à l’acte. L’enfant n’a pas à autoriser ou à refuser à un adulte « pervers » un acte sexuel, ni à comprendre qu’il en va de sa construction psychique personnelle.

Faire de la prévention aux enfants, par le biais de méthodes pédagogiques, sur l’interdit de l’inceste et des relations sexuelles entre adultes et enfants, ne peut qu’introduire de la confusion :

  • D’une part, c’est inverser les rôles en donnant la responsabilité à l’enfant  d'arrêter la violence et donc la  responsabilité de la violence elle-même.
  • D’autre part, c’est augmenter sa honte, sa culpabilité et son sentiment d’insécurité. Car dans l’impossibilité de dire non, il deviendra à ses propres yeux, aux yeux du monde et de la loi, le « fauteur coupable de n’avoir pas su dire non ». 
  • Et enfin, "depuis quand l’école serait-elle mandatée (et d’ailleurs comment le pourrait-elle ?) pour rappeler une loi du développement psychique?"

L’interdit de l’inceste ne se parle pas, il « s’agit » et « s’inter-dit » dans les gestes et les actes du quotidien, dans une parole incarnée. C'est-à-dire en posant des actes et des mots cohérents sur la réalité qui permettent à l’enfant de mettre du sens.

Un enfant, qui raconte des faits et des gestes plus ou moins obscurs et confus, a besoin que les adultes mettent des mots justes et adaptés qui lui permettent de repérer de qu'il a vécu. Si la situation qu'il énonce est impensable pour l’adulte  alors, les mots et les réactions proposés à l’enfant risquent  d’être décalés et confus. Aussi, la violence  restera impassable et "im pansée" par l’enfant.

 

Si nous voulons redonner à l’enfant sa place d’enfant et à l’adulte, sa place d’adulte responsable alors ne s'agirait-il pas de proposer des actions de prévention, de formation et d’accompagnement auprès des parents ainsi qu'auprès de toutes personnes qui exercent une fonction parentale …

 

Et puisque l’école à une mission éducative à tenir, ce que je pense, alors pourquoi ne pas introduire dès l’école maternelle la transmission de savoir être : c'est-à-dire de l’intelligence émotionnelle, de l’estime et de la confiance en soi, des aptitudes relationnelles… C'est-à-dire des vrais valeurs et des vrais repères basés sur l’amour de soi et non pas sur la peur de l’autre !

 

 

Mary Genty - Septembre 2011

Commentaires : 1 (Discussion fermée)
  • #1

    Helena Ferrer (jeudi, 02 février 2017 09:09)


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