De l'emprise à l'abus, un autre regard sur ...

Il ne faut pas négliger la coresponsabilité des femmes et des mères dans les systèmes d’emprises affectifs et psychologiques.

De même, qu’elle qu’en soit la forme, la violence n’est pas seulement l’apanage des hommes, car ils en sont tout autant victimes !

 

Article paru dans la revue "Rêve de femmes" - Octobre 2013

 

 

Plus de 80% des abus sexuels se déroulent à l’intérieur des familles et prennent racines dans un système d’emprise affectif et psychologique qui amène l’enfant à subir des abus sans avoir à se débattre et parfois même avec son consentement !...

L’abus sexuel au sein de la famille, cela s’appelle INCESTE. Beaucoup diront « cela ne me concerne pas » et pour cause, les interactions physiques, sexuelles, verbales, visuelles, affectives ou psychologiques sont parfois tellement difficiles à reconnaître, que la victime, même devenue adulte se demande toujours si elle en a été l’objet ou si tout cela n’est que le fruit de son imagination trop fertile. Il m’a fallu moi-même sortir des méandres de ma propre histoire pour décortiquer et comprendre les processus subtils et insidieux de cette violence ordinaire, et constater qu’elle fait bien plus de victimes que ce que l’on imagine. Ainsi, de l’emprise à l’abus, je propose de repérer plusieurs étapes dans le processus incestueux :

  • L’inceste affectif : Cette première étape se réfère à un véritable système d’éducation, fondé sur la peur et la manipulation, qui consiste à faire croire à l’enfant que pour être aimé, il doit satisfaire les exigences, les besoins, les désirs, les rêves de ses parents ou de ses tuteurs. L’enfant est contraint à un chantage affectif permanent dans lequel il serait "aimé" non pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il fait. C'est-à-dire, je t’aime à condition que !…  Dans ce mode relationnel, les besoins affectifs de l’enfant sont niés au profit de ceux de ses parents et il se crée une inversion des rôles et des places où l’enfant se retrouve en position de responsable voire même de coupable de l’état émotionnel de ses parents (ou tuteur).
  •  L'inceste psychologique : Il est la suite logique de l’inceste affectif. L’enfant ne peut pas intégrer ni psychiquement, ni émotionnellement ce qu’il vit, car les mots posés sur le réel n’existent pas ou ne sont pas les bons. L’histoire qui se raconte (disqualification, humiliation, secret, mensonge...) n’est pas en lien avec la réalité de ce qui est vécu au niveau des images, des sensations, des émotions. Mais s’ils ne font plus le lien avec le réel, alors les mots et le langage deviennent incohérents et confusionnels et empêchent l’enfant d’identifier ce qui lui arrive vraiment. Il se produit une sorte de "ligotement  psychologique" :  l’enfant est maltraité, mais il ne peut pas le savoir, il ne peut pas le penser, il ne peut donc ni l’exprimer, ni en parler.

 L’inceste affectif et psychologique structure l’enfant dans la confusion mentale, la peur, la soumission et la dépendance affective. L’enfant, ne pas de se fier à ses pensées propres, à son ressenti, à son imaginaire. Il ne peut donc pas élaborer de repères internes cohérents et sécurisants et développer de l’estime et de la confiance en soi, le sens de ses propres limites et de sa propre valeur. Anesthésié émotionnellement, ligoté psychologiquement l’enfant devient alors une proie facile …

  •  Les passages à l’acte : Ce troisième niveau d’interaction prend en compte tous nos sens : Le toucher, la vue, l’ouïe, la parole …

 Toucher (pour ne pas dire caresser) ou obliger l’enfant à toucher des zones intimes ou sexuelles…

 Être témoin de scènes sexuelles, pornographiques, érotiques en direct, par films ou revues interposées…

Être regardé de façon érotique ou désirable sexuellement : Combien de femmes ou d’hommes gardent le souvenir de ce regard sur leur corps d’enfant, qui leur colle à la peau en les questionnant indéfiniment :  

« réalité, imaginaire, fantasme ou   projection ? »

Être parlé et défini comme un être sexualisé: parents et adultes qui sexualisent les comportements affectifs de l’enfant :              « Regardez-moi cette petite aguicheuse ! »   Ou encore être habillé précocement de façon érotique, sensuelle ou sexuelle (string, décolleté, chaussures à talons, voire maquillage, ou teinture de cheveux …)

Être le témoin ou le confident de l’intimité parentale, de leurs amours, de leur sexualité…   Parents et enfants sont   copains,  la barrière des générations n’existe pas et le parent devient le confident de l’enfant et vice versa.

 La bouche est un orifice intime qui sert à embrasser sur une autre bouche (on embrasse son amoureux(se) sur la bouche, pas les membres de sa famille ou d’autres zones intimes ou sexuelles. C’est aussi un orifice qui peut se faire pénétrer.

La forme sexuelle et génitale, la pénétration anale, buccale ou vaginale, par le sexe, les doigts, la langue ou des objets est la forme ultime de l’inceste et ce qui arrive en dernier !

 

Vivre la forme ultime et sexuelle de l’inceste, implique d’en vivre la forme affective et psychologique. Mais un enfant peut vivre un inceste affectif et psychologique sans passage à l’acte clairement apparent.

 

C’est-à-dire vivre un inceste, sans jamais le savoir !

 

L’inceste concerne tous les milieux sociaux. Les filles comme les garçons, les femmes comme les hommes. En ce sens, il ne faut pas négliger la coresponsabilité des femmes et des mères dans les systèmes d’emprises affectifs et psychologiques. De même, qu’elle qu’en soit la forme, la violence n’est pas seulement l’apanage des hommes, car ils en sont tout autant victimes !

 Les conséquences intimes et sociales sont nombreuses et profondes car la violence incestueuse empêche l’élaboration des valeurs de l’être, entrave notre relation aux autres, nous coupe de nos racines sacrées et de notre puissance créatrice … et perpétue ainsi la violence dans le monde.

Nous sommes tous responsables : Mettre de la Conscience sur mon histoire d’enfant, intégrer la Vérité des abus vécus, retrouver l’Estime, la Confiance et l’Amour de soi..., ont fait partie des ingrédients de mon chemin de guérison. Cependant, il a aussi été essentiel de parcourir un chemin de reconnaissance de ma propre violence en intégrant combien moi, la pauvre victime, j’avais pu être aussi à mon heure, un agresseur.

 

En savoir plus : "Non, je ne suis pas à toi" – Ed. Eyrolles et "Les règles du JE - Les systèmes d'emprises familiales et leur conséquences intimes et sociales"  Ed. edilivre.com.
 

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